jeudi 21 septembre 2017

A la découverte des puits de Saint Michel ..... et après

Ce mercredi 20 septembre 2017, notre  association Aggl'eau publique Val d'Orge a eu l'honneur d'ouvrir le programme  de  l'année 2017-18 de l'Université  Populaire de Sainte -Geneviève-des-Bois que nous remercions pour la qualité de son accueil et de son organisation.
 Notre  conférence débat, salle de la Châtaigneraie, portait sur le thème:
Ressources en eau, les puits et leurs usages, le cas du Val d’Orge 
Une présentation suivie par plus d'une cinquantaine d'auditeurs intéressés. 
 Une  introduction de Nicole Estève , Présidente d'Aggl'eau publique Val d'Orge,   a permis de présenter notre association,  son rôle déterminant pour la reprise en gestion publique de l'eau potable du Val d'Orge et les raisons qui nous ont conduit à proposer une enquête sur les puits  dans le cadre d'un projet PICRI

Kevin de la Croix , docteur en géographie pilote de cette enquête  nous en dit un peu plus  sur  ce PICRI   (Partenariat Institutions-Citoyens pour la Recherche et l’Innovation),  proposé par la coordination Eau Ile de France et le laboratoire de géographie de l'Université Paris-Ouest Nanterre. Un projet  qui a  bénéficié d'un financement de la région Île de France au titre d'un programme encourageant les échanges entre les chercheurs et le monde associatif. Un programme malheureusement abandonné par la nouvelle majorité régionale.

Christian Picole et Laure Mery  et Claude Loth ont décrit l’enquête qu'ils ont  menée l'hiver dernier dans les 3  quartiers les plus anciens de Saint-Michel-sur Orge  pour recenser les puits privés ou partagés existants.  Pour en savoir plus sur les raisons du choix de Saint-Michel pour cette enquête et son déroulement durant le dernier hiver, cliquez ici


Une enquête menée dans le cadre d'un projet PICRI  (Partenariat Institutions-Citoyens pour la Recherche et l’Innovation),  piloté par  Kevin de la Croix, docteur en géographie  membre du  laboratoire de géographie de l'université Paris-Ouest-Nanterre. Cette enquête a permis de recenser  plus d'une centaine de puits dans un périmètre assez réduit, certains désaffectés, d'autres encore  très actifs.



 
Elle a  mis en exergue l’intérêt des habitants pour la question de nos ressources souterraines en eau. La soirée de mercredi a été aussi  aussi l'occasion de présenter la carte collaborative réalisée, avec le logiciel libre Openstreetmap, pour visualiser les secteurs les plus denses en puits connectés à nos eaux souterraines. Une carte qui a vocation à s'enrichir et s'étendre grâce à la contribution des habitants intéressés des autres quartiers et des communes voisines.
pour accéder à la carte , cliquer ici www.openstreetmap.org
Une fois la carte ouverte, faite une recherche sur "saint-michel-sur-orge". une fois la carte centrée sur Saint-Michel , cliquer sur l'icône des "couches" dans la colonne d'icônes  à droite de la carte et choisissez la couche "humanitaire", vous verrez apparaître sur la carte de petits cercles entourant l'image d'un sceau d'eau  pour chaque puits recensé.

pour accéder au diaporama qui a accompagné la présentation de cette enquête, cliquez ici

pour ceux qui ont raté cette soirée et pour ceux qui veulent en savoir plus sur les résultats de cette enquête et ce qu'elle nous enseigne sur notre sous-sol et sur l'évolution des usages de l'eau de notre secteur, un nouveau rendez-vous est donné, cette fois-ci accueilli par l'université populaire de Saint Michel sur Orge ( Centre Nelson Mandela ) le
7 novembre 2017.
 Vous aussi disposez d'un puits et souhaitez contribuer à  notre cartographie collaborative visant à enrichir notre connaissance des ressources en eau de notre sous-sol? Contactez notre association aggleaupubliquevo@gmail.com pour vous joindre à ce projet





mercredi 30 août 2017

Consultation des usagers sur le projet de règlement de service de la nouvelle régie

Ce petit article se veut un appel public à lire et à réagir au projet de règlement de service de la Régie publique Eau coeur d'Essonne

Nous  vous soumettons  le projet de règlement de service de  la régie,   discuté et amendé  au printemps 2017 durant  plusieurs réunions de travail du conseil d'administration de la régie.



Ce projet est diffusé sous la forme de 5 documents accessibles par les liens suivants:
*Version intégrale du projet de règlement de service (V1) 
Proposition de variante 2 dans la présentation
* proposition de variante 3 dans la présentation
* règlement - annexe tarification
* et enfin , proposition de présentation de facture

La diffusion de ce projet (prévu en début d'été) a pris un peu de retard car le personnel de la régie s'est mobilisé principalement durant l'été sur la mise à jour du fichier d'abonnés:
-du fait d'un travail important de correction des multiples anomalies du fichier hérité de Suez,
-  mais aussi  identification des abonnements correspondants à des collectifs d'habitations, pour leur permettre de bénéficier du même tarif que les abonnés dotés d'un compteur individuel .
Nous en sommes donc aujourd'hui à la phase de consultation publique sur ce projet de règlement. Nous regrettons l'absence de sa publication sur le site de  la communauté d'agglomération (ou sur celui de la Régie, en cours de construction) contrairement à ce qui avait été prévu.
Notre tâche dans la période présente  est que chacun des membres et des sympathisants de notre association, et notamment tous les lecteurs de notre blog:
 
 
* lise  ce projet et recense tous  les éléments confus ou manquants à ses yeux,
*   invite un ou plusieurs usagers non familiers des questions d'eau potable à le lire et à y réagir à son tour en signalant toute formulation difficile d'accès. 

Notre objectif étant ensuite , grâce à ces remarques et corrections,  de contribuer à  un règlement  de service pédagogique facile d'accès favorisant l'intervention des usagers, qu'ils soient abonnés ou simples usagers ( c'est à dire, habitants rattachés au contrat collectif dans un ensemble d'habitation, avec intégration des factures d'eaux dans les charges locatives ou de copropriété. 

Et ensuite?

le projet de règlement sera réexaminé une dernière fois lors d'un groupe de travail du conseil d'administration (CA)  le 7 septembre prochain
(cliquez sur l'image ci-dessous pour agrandir le calendrier  du CA de la régie :

Le règlement, pour être applicable devra ensuite être soumis  pour avis à la Commission consultative des Services publics (CCSPL)  de l'Agglomération et être approuvé par le Conseil communautaire.
Il restera ensuite modifiable chaque année, ce qui laisse une marge permanente d'amélioration .




jeudi 24 août 2017

Notre présence sur les forums associatifs de rentrée

Nous avions convenu  que notre association participe cette année à 3 forums des associations des communes de l'agglomération :
* Celle de Saint-Michel-sur-Orge, les samedi 9  de 11h à 19h et dimanche 10 septembre de 11h à 17h30
* Celle de Sainte-Geneviève-des-Bois, les samedi 9 et dimanche 10 septembre, esplanade de la salle Gérard Philippe
* Celle de la Norville (informations à venir)


Les forums de Saint-Michel et de Sainte-Geneviève se déroulant sur 2 jours, et le même week-end, tous les amis et adhérents de l'association seront les bienvenus pour contribuer à la tenue de nos stands et aux contacts et échanges qu'ils permettront .

Le sondage framadate proposé pour recenser  elles et ceux qui sont d'accord pour y participer est accessible  sur la colonne de droite de ce blog,  ou par le lien suivant:

planning d'inscriptions pour la tenue de nos stands les 9 et 10 septembre 2017
 

C'est le forum de Saint-Michel qui implique le plus de préparation, car c'est là que sera présentée l'exposition sur l’enquête PICRI de recensement des puits de 3 quartiers de Saint-Michel, et sur l'outil de cartographie collaborative qui va nous permettre d'élargir cet inventaire  dans les autres quartiers et dans les autres communes de l'Agglo. ( cette exposition sera également visible prochainement  lors  des 2 soirées de présentation de cette enquête, lors des universités populaires  de Sainte-Geneviève,  Mercredi 20 septembre à 19h, et de Saint-Michel  Mardi 7 novembre à 20h30).

A bientôt!

lundi 29 mai 2017

Approvisionnement en eau de la Régie publique Eau Coeur d'Essonne: ça continue avec Suez, tout reste à faire




Le conseil d'administration (CA) du 23 mai avait à son ordre du jour les conventions d'achat d'eau en gros de l'eau potable nécessaire à l'approvisionnement des 10 communes couvertes aujourd'hui par la régie.


Il n'y avait guère de bonne surprise à espérer sur ce point, dans la situation de monopole qui caractérise la production de l'eau en nord Essonne; Résultat, on prend les même et on recommence, à savoir :
Une convention est signée avec Suez pour les 9 communes et 97% du réseau (Brétigny, Fleury, Le Plessis-Pâté, Morsang , Sainte-Geneviève et Saint Michel, Villemoisson, Villiers) et une autre avec Veolia pour la 10ème, Leuville.


Une "négociation" le pistolet sur la tempe

La convention de vente signée avec Suez est le fruit de discussions dont la multinationale a dicté le cadre et les bases
* le cadre, c'est des entretiens secrets pendant plusieurs mois, dont le Conseil d'administration de la régie les abonnés ,et les usagers du service d'eau potable ont été évincés. Si la confidentialité se comprend dans le cas d'une mise en concurrence de plusieurs fournisseurs, elle est forcément très avantageuse pour Suez, face à un acheteur qui ne peut dénoncer sur la place publique le tarif abusif qui lui est imposé et en appeler au soutien des consommateurs pour le contester.
* les bases imposées, c'est tout simplement le refus de Suez de donner des informations sur le coût fonctionnement de ses usines de potabilisation d'eau de la Seine , sans autre argument que le fait que "la loi ne l'oblige pas à le faire "!!! Plus de mauvaise foi, tu meurs.
Autrement dit, 12 ans après avoir été condamné par le Conseil national de la Concurrence pour mensonge sur ses coûts de production, Suez persiste et signe dans son abus de position dominante en refusant de justifier le tarif qu'il propose: 72 centimes au m3 au début des discussions, et 69 centimes à la fin, soit 3 centimes concédés pour permettre au président et directeur de la régie de ne pas perdre la face.

l'usine de Morsang sur Seine , la plus importante de celles de Suez sur la seine. Construite à partir de 1970,elle a déjà été amortie et  rachetée largement par les usagers à travers leurs factures, mais reste pourtant chasse gardée de la multinationale qui interdit soigneusement tout accès à ses comptes 

Résumé et commentaire de la Convention d'approvisionnement signée avec Suez (à travers sa filiale à 100% Eau du sud parisien (ESP)


objet données commentaires
durée 15 ans, interruption possible sans pénalité tous les 5 ans au début des discussions, nous avions insisté pour que la convention soit la plus courte possible (2 ou 3 ans) , pour permettre à la régie de changer de fournisseur au plus tôt . La durée de 5 ans imposée nous parait excessive compte tenu des opportunités existantes pour changer de fournisseur dans les prochaines années


Coût part variable de 0,55€ au m3,
et part fixe annuelle de
1 195151 euros pour un volume de 8 millions de m3 par an ( équivalent au volume distribué en 2015)
le tarif total annoncé de 69,5 centimes au M3 correspond à une base de 8 millions de m3 livrés par an. Si nous réduisons notre volume d'achat à Suez grâce à une diversification de notre approvisionnement, il y a un sérieux risque d'augmentation de ce tarif au mètres cube, la part fixe pesant alors sur un nombre réduit de m3. Selon le Directeur de la régie , Gilles Pujol, il sera alors possible de renégocier cette part fixe, mais la convention n'est pas claire à ce sujet. Tout dépendra du rapport de force.
composantes du prix la convention est muette sur ce point Les tarifs fixés par Suez sont dénués de toute référence économique: A Viry-Châtillon, , pour récupérer la fourniture d'eau de la régie Eau des Lacs, Suez n'a pas hésité à proposer un prix (57centimes/m3) inférieur de 19% à celui qu'elle imposait 3 ans plus tôt! A Savigny sur Orge, fin 2015, pour obtenir une prolongation de l'engagement d'achat d'eau en gros de la commune, elle a baissé son tarif de 79 à 67 centimes le m3.
Pour avoir une idée du sérieux de ces tarifs il faut se reporter aux études de l'UFC-Que choisir sur les composantes du coût de l'eau. Des études d'il y a une dizaines d'années , mais qui restent les plus documentées à ce jour). Pour des usines de l'échelle de celles de Suez dans le sud parisien, cette étude aboutit à un coût situé entre 20 à 30 centimes au m3 selon la part des travaux de sécurisation (réservoirs, interconnexions). Rien à voir donc avec le prix de 69 centimes imposé par Suez En Essonne

Résumé de la convention signée avec Veolia (à travers sa filiale Compagnie des Eaux et de l'Ozone, CEO) pour Leuville (3% des besoins globaux de la régie) :


objet données commentaires
Durée 19 mois (échéance au 31 décembre 2018 ) ou résiliable ensuite annuellement si la concession de CEO était renouvelée la durée de la convention laisse à la régie son entière liberté de faire un autre choix pour Leuville à la fin de la DSP entre Veolia et les communes de l'Arpajonnais
prix la part fixe est beaucoup plus réduite ( 3980€/an, de l'ordre de 1,5 centimes au M3)
soit un prix de 52,7 centimes auquel s'ajoute 10,8 centimes pour le SIARCE1 soit un total d'environ 63,5 centimes au M3
du fait de la propriété publique de la station de captage d'Itteville qui dessert Leuville, il y a un engagement de mise à disposition de toutes les pièces relatives à la tarification et son évolution


Pouvait-on faire autrement?


Rendant compte des conventions d'approvisionnement mises au vote , Sylvain Tanguy, président de la régie a convenu que le résultat des discussions avec Suez était "le moins mauvais possible" dans le contexte de la domination de Suez. il a mis en avant le léger rabais obtenu par rapport au premier tarif proposé, et la réduction des pénalités dues par la régie en cas de retard de payement.
 Il a rappelé une évidence, à savoir la difficulté d'obtenir de Suez un prix plus intéressant en l'absence pour la régie de solution alternative en cas de négociation infructueuse.

Pour éviter cela, il aurait en effet fallu que les dirigeants de l'Agglomération du val d'Orge, anticipent plus sérieusement la création de la régie et la nécessité pour elle de s'affranchir de Suez pour son approvisionnement en eau .
Les conditions étaient réunies pour ça , puisque dès Décembre 2013, les habitants regroupés dans l'atelier-citoyen Eau du Val d'Orge (préfiguration de notre association) rencontraient les responsables de la régie Eau de Paris qui confirmaient la faisabilité d'un raccordement du Val d'orge à l'Aqueduc parisien de la Vanne qui traverse l'Essonne. Une opportunité dédaignée alors par les dirigeants de notre agglomération, soit 3 ans de perdu pour travailler sur cette piste.

L'autre option était celle du bras de fer, en refusant de céder au chantage à l'interruption de la livraison d'eau en cas de refus du tarif imposé par Suez. Une option réaliste, à condition d'une mobilisation de la population pour arracher à Suez un tarif plus conforme à la réalité de ses coûts de productions dans des usines déjà largement amorties.

En effet, il faut savoir que pour des raisons de sécurité sanitaire, tous les réseaux d'eau potable sont interconnectés, et que le Préfet a parfaitement le pouvoir de police d'obliger un producteur à assurer son approvisionnement.

Dans un domaine aussi sensible que l'eau potable pour la santé publique, un producteur même en position dominante ne peut heureusement pas faire n'importe quoi.

L'idée qu'un autre rapport de force est possible face aux multinationales de l'eau fait son chemin.


Notre association a voté le 23 mai pour la convention signée avec Veolia et le Siarce, qui ne fait qu'organiser la continuité immédiate de l'approvisionnement pour Leuville sans engager l'avenir.
Par contre alors que tous les élus communautaires et les 2 autres représentants associatifs votaient pour la convention avec Suez, nous nous sommes abstenus, considérant que tout restait à faire pour que notre régie conquière sa liberté de choix dans son alimentation en eau potable.

Une abstention marquée par 2 regrets et 1 exigence:

 

* le regret d'une convention discutée en catimini, pour le plus grand bénéfice de Suez; En effet, on peut constater que c'est la même chose pour les négociations commerciales locales qu'à l'échelle mondiale (Cf l'exemple du TAFTA, le CETA): les prédateurs sont comme les vampires, ils ont horreur de la lumière et leurs forces s'évaporent si leurs opérations se mènent au grand jour.

* le regret d'une convention signée avec Eau du sud Parisien, filiale à 100% de Suez, une manière de cautionner cette  coquille juridique créée par Suez il y a 20 ans pour faire croire à une entité économique autonome en matière de production d'eau. Et ça, alors que Suez jongle comme bon lui semble entre ses filiale pour disperser et masquer ses coûts effectifs.

* l'exigence de renforcer rapidement la coopération avec l'agglomération GPS (Grand Paris Sud). Une agglo également dotée d'une régie publique (qui couvre le territoire de l'ex-agglo d'Evry Centre Essonne) et  dont les intérêts de s'affranchir de Suez sont les mêmes que les nôtres. 2 Agglos qui réunissent à elles deux plus de 500 000 habitants, soit 40% de la zone desservie par les usines de Suez dans le sud parisien et qui sont toutes les 2 intéressées par l'opportunité de s'alimenter en eau de source à partir des aqueducs de la régie publique d'Eau de Paris. 
Autrement dit 2 agglos qui ensemble, si elles s'en donnent l'ambition politique ont vraiment les moyens de peser sur les enjeux de l'approvisionnement de l'Essonne en eau potable.

Nous ne sommes pas seuls


Le caractère isolé de notre abstention sur la convention adoptée le 23 mai par le conseil d'administration de la régie ne signifie pas que nos analyses sont ignorées:
* le constat que la convention signée porte la marque d'une situation de domination abusive de suez est  majoritairement partagé au sein du CA
* La nécessité et la possibilité de construire un rapport de force plus favorable ont été défendues par plusieurs élus,
* C'est la même chose pour l'objectif d'une coopération renforcée avec l'agglomération GPS

En résumé,  des évolutions encourageantes, mais qui auront besoin encore et toujours d'une implication et d'une exigence maximales des habitants pour de venir réalité. 

1 SIARCE: Syndicat intercommunal d'aménagement , de rivières et du cycle de l'eau qui a absorbé le Siere Syndicat entre Rémarde et Ecole en charge de l'eau potable pour les communes de l'Arpajonnais et pour Leuville (par DSP avec Veolia)

jeudi 4 mai 2017

JEUDI 11 MAI A BRETIGNY : projection-débat public autour de la création de la régie

Projection-débat au ciné 220

3 rue Anatole France à Brétigny sur orge

 autour du film "Même la pluie" 

Affiche Même la pluie | Haut et Court

Cycle environnement avec l'association ADEMUB

 - Jeudi 11 mai à 20h30
PROJECTION suivie d'un DEBAT sur les initiatives de réappropriation de notre eau potable à l'occasion du démarrage de la régie publique "Eau Coeur d'Essonne"
L'eau potable, à quel Prix ? Quels avantages pour le consommateur ? »
Avec la participation d’Aggl’eau publique, association pour la gestion publique de l’eau potable par la Communauté Cœur d’Essonne Agglomération.
En partenariat avec l’ADEMUB

tarif habituel du cinéma hors carte d'abonnement 6,70€ ou 5,50€



MEME LA PLUIE (Tambien la Lluva)
Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent à Cochabamba dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d'un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l'un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l'accès à l'eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d'un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé. Ce combat pour la justice va bouleverser leur existence.
De Icíar Bollaín avec Gael García Bernal, Luis Tosar, Carlos Aduviri…
Espagne –Mexique_France  Drame – 1h43 – 2011 – VOSTF(espagnol & quechua)

Paul Laverty, le scénariste de Ken Loach, mêle  habilement les péripéties d’un tournage, les exactions des conquistadors, et l'évocation de la guerre de l'eau qui désignent les grandes manifestations organisées  à la suite de la privatisation du système municipal de gestion de l'eau à Cochabamba dans les années 2000. L’eau avait été confiée pour une concession de quarante ans à une filiale locale du groupe nord-américain Bechtel, qui s’était empressée d’augmenter le prix de l’eau jusqu’à un niveau intolérable pour une grande partie des habitants 
Le film   le spectateur à une hauteur suffisante pour comparer le sort des « Indiens » de  l'époque de Colomb et celui des « Andiens » d’aujourd’hui. 
« Même la pluie » montre comment Colomb, au nom de la couronne d’Espagne, exigea, de chaque autochtone, un tribut en or. Ceux qui renâclaient étaient mutilés et, en cas de révolte, brûlés vifs. Ce drame, rythmé comme un film d’action, est à la fois œuvre d’auteur et spectacle grand public, a raflé trois prix au  Festival de cinéma européen des Arcs, dont celui d’interprétation masculine pour Juan Carlos Aduviri. Et si le célèbre navigateur ne sort pas glorifié du film, lui, au moins, avait l’excuse des mœurs de son temps. Ce n’est pas comme nos multinationales, ces conquistadors d’aujourd’hui, qui nous vendraient « Même la pluie », si elles le pouvaient !
Entre la découverte des Amériques et notre époque actuelle, l’or bleu a remplacé l’or jaune, et la vision romancée du passé éclaire le cynisme d’une mondialisation dévastatrice de vies humaines et prédatrice de ressources naturelles.

bande annonce du film 

Crédits Photo -- naserita.wordpress.com
une photo des manifestations contre la privatisation de l'eau à Cochabamba

  pour en savoir plus:

 L’histoire d’une victoire exemplaire, mais partielle, contre la privatisation de l’eau

samedi 22 avril 2017

Les locataires et copropriétaires de Fleury et Saint-Michel ne doivent pas payer leur eau plus cher.

Les locataires ou copropriétaires de Fleury et Saint-Michel ne doivent pas payer leur eau plus cher.

Notre association a été questionnée au sujet de son abstention sur le prix de l'eau voté pour la nouvelle régie Eau coeur d'Essonne. Nous l'avons expliqué ensuite (cf notre article du 8 avril)
 
Mais il parait utile de revenir notre principal motif d'insatisfaction:

La délibération votée le 31  mars ne permet pas l'application immédiate aux ensembles d'habitat collectif d'un tarif identique  à celui de l'habitat individuel

A savoir, 1,22 € / m3 dans la limite de 120m3/an par logement, tarif valable pour les plus petits compteurs, ceux d'un diamètre de 1,5 cm.

Qu'est-ce qui bloque?

Rappelons que les fichiers d'abonnés qui ont été transmis par Suez à la nouvelle régie sont  tellement imprécis qu'ils ne permettent pas de connaître la nature des abonnés. Il est donc impossible, à partir de ces fichiers, de distinguer, parmi les gros compteurs, ceux qui alimentent des habitations, et d'autre partceux des commerces, des usines ou des établissements de service.
Rappelons qu'il est impossible d'appliquer un tarif différent pour l'eau potable livrée pour les besoins quotidiens des habitants, (alimentation, hygiène), au titre du droit à l'eau, d'un coté et de l'autre , pour l'eau vendue aux opérateurs économiques en tant que matière première, sans connaître la nature des abonnés et donc leur usage de l'eau.

Savoir "qui se cache" derrière les compteurs

Durant les discussions du groupe de travail de la Régie sur les tarifs,  il avait été prévu que le recensement des collectifs  serait effectué en ce début d'année 2017 grâce à la "double relève des compteurs" effectuée conjointement par les agents de Suez et ceux de la Régie pour les dernières factures de Suez ( abonnement et consommation de janvier à avril 2017). Cette double relève devait permettre d'identifier en temps voulu les abonnés à des gros compteurs correspondant aux ensembles collectifs de logements , de façon à leur appliquer dès la première facture le même tarif qu'aux abonnés habitants dans des logements individuels.
Cette première facture , au tire du premier trimestre de la régie (mai à juillet 2017inclus) devait être établie début août pour un règlement en septembre.

Les failles de la délibération

Problème, la délibération votée le 31 mars 2017 par le conseil d'administration sur le prix de l'eau ne correspond pas à ce choix. Pourquoi?
* D'abord, tout bonnement parce que la décision d'appliquer le même tarif à l'habitant collectif et à l'habitat individuel ne figure pas dans la partie "décisionnelle "de la délibération;
Le tarif unique y est seulement mentionné comme un objectif, sans préciser de quelle façon cet tarif unique sera mis en oeuvre. La délibération mentionne bien la tarification progressive applicable suivant le volume d'eau consommée, mais aucunement la différenciation de tarif prévue entre logements et activités économiques.
Dans ces conditions, le vote d'une nouvelle délibération (et donc la réunion d'un nouveau Conseil d'administration) sera donc nécessaire rapidement pour pouvoir appliquer aux collectifs d'habitation le même tarif que l'habitat individuel; c'est loin d'être gagné avant la procahine trève estivale
* Ensuite, la délibération du 31 mars ne comporte pas d'engagement quant à l'échéance à laquelle l'objectif du tarif unique pour tous les types d'habitat doit être mis en oeuvre. L' application de ce tarif unique dès la première facture n'est plus mentionné. Plus regrettable, cette application n'est même pas certaine pour 2018. En effet, la délibération inclut une clause d'augmentation automatique annuelle du prix de l'eau, ce qui est contradictoire avec le nécessaire ajustement des tarifs en fin d'année 2017, pour appliquer le tarif égal pour tout type d'habitat l'année prochaine.
Résultat, au démarrage de la régie, les ensembles d'habitat collectif des communes dont le prix de l'eau actuel est inférieur au 1,63 euro prévu par la délibération pour les gros compteurs, vont payer plus qu'aujourd'hui . Contrairement à l'objectif affiché qu'aucun abonné ne voit sa facture augmentée avec la nouvelle régie .

Les habitants deFleury et Saint-Michel les plus menacés

Cette augmentation initiale toucherait essentiellement 2 communes qui comporte une proportion importante d'habitat collectif:
* Fleury-Merogis, dont le tarif appliqué au collectif passera de 1,22 à 1,63€ par M3, soit + 41 cts par M3 consommé ,
* Saint-Michel, dont le tarif passera de 1,44 à 1,63 € par M3 soit + 19cts au m3.
Pour les autres communes, le prix unique facturé jusqu'alors au m3 était égal ou supérieur au tarif le plus élevé prévu par la régie (1,63€). Donc même si le prix facturé sera plus élevé que pour les abonnés individuels, l'objectif d'aucune facture plus élévée qu'avec la DSP est respecté.

Comment en est-on arrivé-là ?

Dès le mois d'Octobre 2016, on savait que les fichiers d'abonnés de Suez ne permettaient pas l'identification des compteurs correspondant à de l'habitat collectif. Dès ce mois d'octobre, on savait que ce travail était nécessaire et que les Communes étaient en capacité de le mener à bien, grâce à leur connaissance des bailleurs sociaux et des copropriétés sur leur territoire. La représentante de la Morsang au C.A. de la régie (Marion Lenfant) avait indiqué que ce travail était d'ores et déjà bien avancé pour sa commune, invitant les autres élus à faire de même. Des propos qui n'ont guère suscité d'écho ni de motivations. C'est ce qui a conduit la Régie à renforcer l'équipe recrutéee pour la relève contradictoire des compteurs prévue avec Suez, pour recenser autant que possible qui se trouve derrière chaque compteur. Mais les données recueillies ainsi nécessitent encore un traitement important (combien de logements derrière les compteurs uniques des ensembles d'habitations?) , pour lesquels l'engagement des communes concernées est essentielles.

Pas de chance pour les habitants des 2 villes les plus concernées, les maires sensés défendre leurs intérêts se sont montrés jusqu'alors bien défaillants:

*Pour Fleury-Mérogis, M. David Derrouet, qui vient d'être contraint à démissionner de son mandat de vice-Président de la Communauté Coeur d'Essonne Agglomération pour absentéisme, a fait plus fort encore pour la régie publique: il n'a participé depuis sa création à aucune des réunions de son conseil d'administration ni de ses groupes de travail: M. Derrouet s'était forgé la réputation d'être personnellement peu amateur d'eau potable, le problème c'est que  ses administrés  font aujourd'hui  les frais de sa aquaphobie,

* Le Maire de Saint-Michel, M. Bernard Zunino, a quant à lui fréquenté les réunions de la Régie en pointillé, sans qu'on parvienne à comprendre exactement sa position et ses intentions pour les Saint-Michellois,et il était absent le jour du vote pour les tarifs.

Les habitants doivent se faire entendre d'urgence

En dehors de notre association, qui s'est efforcée par son blog et ses modestes moyens bénévoles de rendre compte depuis 6 mois des options en débats pour le prix de l'eau de la régie, nous déplorons que les services publics de communication des communes et de l'Agglomération en aient tenus les habitants à l'écart.
Pour que le tarif de 1,22€ /m3 soit appliqué dès cette année à tous les habitants, il est essentiel que ceux-ci se fassent entendre et que leurs élus jouent pleinement et rapidement leur rôle pour finaliser dans les 3 mois qui viennent le recensement de tous les compteurs correspondants à des habitations. C'est possible, à condition d'en avoir la volonté.
Pour ce qui nous concerne, nous insisterons sans relâche pour le vote au plus tôt d'une délibération qui garantisse effectivement l'accès à ce tarif unique pour l'habitat collectif et pour suivre la réalisation complète de l'inventaire attendu des ensembles d'habitat collectif.
Cet épisode confirme en tout cas que l'implication citoyenne reste nécessaire pour que les objectifs fixés à la Régie Eau Coeur d'Essone rentrent bien dans la vie

évolution du prix de l'eau( part variable) applicable  aux habitants des collectifs sur la base de la délibération du 31 mars  

jeudi 13 avril 2017

Eau potable: Quand l'Essonne s'émancipe , les lobbys s'affolent (2)


Une contre-offensive rondement menée

Aussitôt l'opération de Suez découverte, notre association Aggl'eau publique Val d'Orge , adressait une lettre ouverte aux 2 Vice-Présidents chargés de l'eau au sein des nouvelles agglomérations de Grand Paris sud (GPS) et de Coeur d'Essonne Agglomération (CDEA):
* M. Philippe Rio, également Maire de Grigny, une commune rattachée d'office à GPS, suite au charcutage préfectorale de la carte intercommunale Essonnienne. Rappelons que Grigny avait été un partenaire actif de la création en 2011de la Régie eaux des Lacs de l'Essonne, même si la commune n'avait pu en bénéficier dans l'immédiat (sa DSP avec Suez ne se termine qu'en 2018)
* M. Sylvain Tanguy , également Maire du Plessis-Pâté et président de la nouvelle régie publique Eau Coeur d'Essonne.

 Une lettre ouverte pour sonner l'alarme

Notre lettre ouverte du 15 mars  (cliquez sur la lettre pour l'agrandir)

La réaction de Sylvain Tanguy

Dès le lendemain,17 mars  un premier mail de  réaction de M. Sylvain Tanguy nous rassurait par sa clairvoyance à l'égard de l'opération de Suez:

"Bonjour à tous 

Merci pour cette communication.

J'ai déjà signifié à Suez mon refus de leur système d'adoucissement de l'eau pour plusieurs raisons:

- augmentation du prix de 0,15€ le m3

- leur calcul d'économie sur la production d'eau chaude (chauffage et sanitaire) n'est pas vérifié 

- les nouveaux systèmes de production d'eau chaude sont déjà protégés contre le calcaire. 


C'est effectivement à mes yeux une manœuvre pour conforter leur position monopolistique qui va à l'encontre des intérêts des usagers. 



Bien cordialement 
Sylvain TANGUY"

 Celle de Philippe Rio

Quelques jours plus tard , c'est au tour de M. Philippe Rio de nous rassurer quant à la détermination de l'exécutif de GPS
Mesdames, Messieurs,

Il est logique que les citoyens se saisissent de la grande question de l’eau, c’est un bien commun. Cela ne peut pas être une marchandise.

A Grand Paris Sud il n'y a ni confusion, ni connivence. Un travail sérieux est engagé.

Dès le 23 novembre 2015, le Président Francis Chouat, dans un courrier adressé au président de la régie « Eau des Lacs de l'Essonne » a précisé sa position : «  La question de la production et de la distribution de l’eau potable et de sa maîtrise publique est un enjeu majeur pour nos territoires », constatant que « l’essentiel de la production d’eau potable est assurée par des opérateurs privés sans aucun contrôle de la puissance publique ». Il ajoutait à ce sujet : « je continuer à penser qu’il est essentiel que les acteurs publics du Sud Francilien s’accordent sur une stratégie de maîtrise publique de la production d’eau potable». Son message est clair.

En tant que Vice-Président au Cycle de l’eau de Grand Paris Sud, J’ai sollicité le 17 février par courrier Mesdames Hidalgo, Maire de Paris, et Blauel, Présidente de la régie de l’eau "Eau de Paris", au sujet des volumes, et des prix, disponibles auprès de leur régie et ce, en vue d'une fourniture en eau potable au bénéfice du territoire de Grand Paris Sud dans la perspective des contrats avec Suez arrivant à terme.

Avec le conseiller délégué au cycle de l’eau Jacky Bortoli, nous avons exposé, le 10 Mars lors d’un rendez-vous de travail, au Directeur général adjoint et à la Secrétaire générale de la régie Eau de Paris, les besoins et les attentes de Grand Paris Sud. 

Les Services de l’agglomération Grand Paris Sud, depuis le 1er Janvier 2017, date de la prise de compétence eau sur tout le territoire, procèdent au  rapprochement technique financier et juridique de chacun des contrats en cours, permettant de définir les éléments concrets  d'un contrat nouveau d’approvisionnement en Eau qui devrait se traduire par une baisse importante du prix d’achat et par une offre concurrente à celle de Suez /Lyonnaise. Cela  faciliterait également l’harmonisation des tarifs de l’eau et des services aux usagers.

Cette démarche est à rapprocher de la mise en garde à l’égard de la Lyonnaise, de Jacky Bortoli, délégué au cycle de l’eau de Grand Paris Sud, le 17 mars à propos de l’opération eau douce de la Lyonnaise dans le salon d'un d’hôtel Evryens. Cette même opération qui a été qualifiée par Mr Sylvain Tanguy VP au cycle de l’eau de Cœur d'Essonne de«  manœuvre visant à conforter une position monopolistique qui va à l’encontre des intérêts des usagers ».

Voilà autant d’éléments concrets qui témoignent d’une volonté de se défaire du monopole de la Lyonnaise que subissent les élus et les usagers et d’y substituer un service tant de distribution que de la production d’eau publique"

Philippe RIO
 

Plus important encore, le communiqué de presse  publié en commun par les vices-Présidents de 2 agglomérations, réunissant au total plus de 500 000 habitants et qui déclarent que "nos agglomérations, après la création de leurs régies publiques ont vocation a retrouvé la maîtrise publique de la production d'eau. (cliquer sur le communiqué pour l'agrandir)

Un communiqué commun historique 

Il faut apprécier l'importance de ce communiqué commun
* Entre les élus  de  2 communautés d'agglomération voisines mais dont les relations ont été sérieusement tendues dans les dernières années, du fait des désaccords de leurs présidents face au schéma préfectoral de regroupement forcé des intercommunalités en Essonne.
*  Face à une multinationale qui a, durant des décennies , "diviser pour règner" les communes par  un lobbying individualisé intensif, faisant croire à chaque élu qu'il serait mieux servi que le voisin. cette déclaration commune est à marquer d'une pierre blanche: elle témoigne d'une volonté de ne plus se laisser piéger et de se travailler ensemble à des solutions affranchies de la quête du profit pour garantir l'accès à l'eau et sa protection.

L'aqueduc de la Vanne traversant "la frontière" entre GPS et CDEA à la limite du bois de Saint-Europe, symbole du courant  d'intérêts communs de nos agglos pour une eau 100% "démarchandisée"





Eau potable: quand l'Essonne s'émancipe, les lobbys s'affolent (1)


En Essonne, nous ne sommes jamais au bout de nos surprises,  quand le lobby de l'eau s'agite pour préserver son emprise sur les collectivités locales.

Et une station toute neuve mise au rebut!

Rappelons-nous, l'an dernier, le zèle mis par MM. Vilain et Sauerbach, respectivement  maire de Viry et président de feu la CALE (Agglo des lacs de l'Essonne ), pour fermer la station flambant neuve de connexion sur l'Aqueduc d'Eau de Paris, pour se réalimenter au prix fort auprès de la Lyonnaise,

Et un contrat signé à l'arrache pour priver les électeurs et les élus de tout pouvoir de décision!

Rappelons nous l'abracadabrantesque délibération mise au vote par Robin Reda, président de feu la CALPE (Agglo des portes de l'Essonne), lors de son dernier conseil communautaire avant son absorption par l'EPT 12 du Grand Paris, pour prolonger par anticipation de 20 années supplémentaires,  le contrat de vente d'eau en gros de Suez aux communes de Savigny/Orge et Paray.
Pas étonnant, diront les  blasés , s'agissant d'élus dont la complaisance à l'égard des lobbyistes des multinationales est une profession de foi.

Et ...un partenariat Public-Privé improbable, à l'insu de notre plein gré,

Mais la connivence refait aussi surface en des lieux où on ne l'attendait moins.
Ce fut le cas début mars, avec cette co-invitation  de GPS  (Grand Paris Sud) et de Suez (reproduite ci-dessous), pour promouvoir la dernière combine de Suez: à savoir, la décarbonation (adoucissement) de l'eau de ses usines de repotabilisation d'eau de Seine. Une opération cousue de fil blanc  pour en augmenter le prix et, surtout, pour verrouiller la  prolongation pour au moins 15 ans  des contrats des collectivités et opérateurs publics essonniens avec elle  pour leur approvisionnement en eau.

De : Bonin, Camille [mailto:camille.bonin@suez.com]
Objet : INVITATION – 17 mars - Petit déjeuner autour des enjeux du calcaire dans l’eau potable
Bonjour,

Les services de Grand Paris Sud
et les équipes de Suez, Eau de Sénart et Société des Eaux de l’Essonne, ont le plaisir de vous convier à une matinale technique d’information sur les impacts du calcaire présent dans l’eau et les solutions de traitement collectives envisageables.


Comptant sur votre présence pour cette première !

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Une invitation accompagné d'un clip de propagande sur You tube,  https://www.youtube.com/watch?v=qCKI3U75K68 qui, sur le registre de
 "l'ingéniosité et  la pureté des intentions de Suez racontées aux petits enfants",  est un morceau d'anthologie.

De Grand Paris Sud,  Communauté d'Agglomération, gestionnaire à ce jour de la plus importante régie publique d'eau potable (sur l'ex-territoire d’Évry Centre Essonne) du Sud Francilien, on était en droit d'attendre un peu plus de d'esprit critique et de lucidité envers cette opération.

L'Essonne, enjeu majeur de la guerre de l'eau?

Pour en prendre la mesure, il faut garder à l'esprit le contexte Essonnien de cette opération de promotion précipitée Suez et ses usines  au préjudice des intérêts des collectivités et des habitants,
Ce contexte, c'est l'échéance prochaine des contrats de DSP de l'eau  Communauté Paris-Saclay (dépendante à 80% de Suez pour sa production et son alimentation en eau potable, le reste au SEDIF).

Le contexte, c'est la réactivation des études avec la Régie d' Eau de Paris, pour que les communautés d'agglo du 91 et du 94  (GPS, Coeur d'Essonne Agglomération,et l' EPT 12,) traversées ou voisines des aqueducs de la Vanne et du Loing de la Régie d'Eau de Paris, puissent bénéficier au passage de leur eau de source au meilleur prix, sachant qu'ils sont    aujourd'hui en très nette surcapacité vis à vis des besoins des parisien.
Le contexte, c'est que nous sommes à quelques semaines du démarrage de la Régie publique d'Eau Cœur d'Essonne ( qui desservira à compter de mai prochain les 133 000 habitants du Val d'Orge) après 90 ans de DSP ( à 97% du total avec Suez),  et alors que vient de démarrrer  la Régie de Briis,  jusqu'alors également  en DSP avec la Lyonnaise.
Autrement dit, le contexte permet enfin  les opérateurs publics construisent le  rapport de force, permettant de s'affranchir de l'abus de position dominante de Suez sur la production d'eau en Essonne : une nouvelle donne, permettant des solutions alternatives plus écologiques et moins coûteuses d'approvisionnement en eau, en réduisant drastiquement la clientèle captive de Suez. Un contexte qui contraindra enfin suez  à vendre l'eau en sortie d'usine au prix réel (aujourd'hui, elle est vendue 70% plus cher que selon le barème moyen de l'agence de l'eau Seine Normandie). Un contexte, dans lequel, nous pourrons même revendiquer la réappropriation par les collectivités de ces usines amorties et déjà payées à travers les factures des usagers.
 

Pollueur? Même pas honte!

Et puis, quand même, comment oser promouvoir Suez en matière de qualité de l'Eau en Essonne, alors que les derniers rapports, montrent qu'ils n'ont même pas été capables depuis 10 ans que ça dure de traiter la pollution au sélénium au-delà des normes légales, de leurs captages en sud Essonne ( captages d'eau souterraine opérés dans les communes de Courdimanche -sur-Essonne et Gironville sur Essonne qui desservent ces 2 communes et celles de Boutigny, Vayre, Prunay, Buno-Bonnevaux)?



Le déni de démocratie dépasse l'affliction

Le p'tit déj offert le 17 mars à l'hôtel Ibis d'Evry a été l'occasion d'une nouvelle surprise:
la découverte que les élus responsables de la compétence Eau au sein de Grand Paris Sud  à savoir Philippe Rio Vice-Président et Jacky Bortoli, conseiller délégué, avaient tout bonnement été  écartés de cette opération montée par Suez et ses affidés au sein de GPS ( un avis de recherche est lancé, comme toujours,  c'est pas moi ,c'est l'autre en pareil situation). Une confusion des rôle que n'a pas manqué de regretter  M. Jacky Bortoli, qui s'était déplacé pour rappeler aux uns et aux autres que les élus n'entendaient plus se laisser dépossèder de leurs prérogatives.
Une position difficile à intégrer par Suez qui continue, comme au bon vieux temps de sa domination sans partage, à traiter les collectivités comme sa chasse gardée le 17 mars, on commence en invitant les responsables des services techniques des communes. Peu importe que les communes n'aient plus la compétence eau potable;  il s'agit de tisser un réseau d'influence autour des élus pour leur vanter l'excellence de la proposition de Suez;
Une fois instauré ce climat d'écoute bienveillance, on passe à la phase 2 avec une invitation élargie aux élus le 24 avril cette fois-ci au Novotel d'Evry.


Est-il besoin le préciser? Alors que l'opération Eau douce se prétend comme une réponse à l'exigence pressante des usagers excédés du calcaire dans l'eau, ces usagers ne  seront invités ni à la première , ni à la seconde étape de cette campagne de mise en condition.

Le temps béni des boniments sans démenti est révolu   

C'est bien connu , les prédateurs, c'est comme les vampires, ça ne supporte pas la lumière du jour.Il  a suffit d'une information pourtant modeste sur cette opération Eau douce, pour susciter une réaction des élus et des usagers  qu'elle cible. La confiance et la détermination ont changé de camp. Les contre-véritées et omissions de la campagne de suez sont mis en exergue. Et la mise en évidence de l'appétit intact  du lobby de l'eau constitue un encouragement salutaire au partenariat entre opérateurs publics au service de l'eau bien commun,

La suite dans notre prochain article