jeudi 4 mai 2017

JEUDI 11 MAI A BRETIGNY : projection-débat public autour de la création de la régie

Projection-débat au ciné 220

3 rue Anatole France à Brétigny sur orge

 autour du film "Même la pluie" 

Affiche Même la pluie | Haut et Court

Cycle environnement avec l'association ADEMUB

 - Jeudi 11 mai à 20h30
PROJECTION suivie d'un DEBAT sur les initiatives de réappropriation de notre eau potable à l'occasion du démarrage de la régie publique "Eau Coeur d'Essonne"
L'eau potable, à quel Prix ? Quels avantages pour le consommateur ? »
Avec la participation d’Aggl’eau publique, association pour la gestion publique de l’eau potable par la Communauté Cœur d’Essonne Agglomération.
En partenariat avec l’ADEMUB

tarif habituel du cinéma hors carte d'abonnement 6,70€ ou 5,50€



MEME LA PLUIE (Tambien la Lluva)
Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent à Cochabamba dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d'un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l'un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l'accès à l'eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d'un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé. Ce combat pour la justice va bouleverser leur existence.
De Icíar Bollaín avec Gael García Bernal, Luis Tosar, Carlos Aduviri…
Espagne –Mexique_France  Drame – 1h43 – 2011 – VOSTF(espagnol & quechua)

Paul Laverty, le scénariste de Ken Loach, mêle  habilement les péripéties d’un tournage, les exactions des conquistadors, et l'évocation de la guerre de l'eau qui désignent les grandes manifestations organisées  à la suite de la privatisation du système municipal de gestion de l'eau à Cochabamba dans les années 2000. L’eau avait été confiée pour une concession de quarante ans à une filiale locale du groupe nord-américain Bechtel, qui s’était empressée d’augmenter le prix de l’eau jusqu’à un niveau intolérable pour une grande partie des habitants 
Le film   le spectateur à une hauteur suffisante pour comparer le sort des « Indiens » de  l'époque de Colomb et celui des « Andiens » d’aujourd’hui. 
« Même la pluie » montre comment Colomb, au nom de la couronne d’Espagne, exigea, de chaque autochtone, un tribut en or. Ceux qui renâclaient étaient mutilés et, en cas de révolte, brûlés vifs. Ce drame, rythmé comme un film d’action, est à la fois œuvre d’auteur et spectacle grand public, a raflé trois prix au  Festival de cinéma européen des Arcs, dont celui d’interprétation masculine pour Juan Carlos Aduviri. Et si le célèbre navigateur ne sort pas glorifié du film, lui, au moins, avait l’excuse des mœurs de son temps. Ce n’est pas comme nos multinationales, ces conquistadors d’aujourd’hui, qui nous vendraient « Même la pluie », si elles le pouvaient !
Entre la découverte des Amériques et notre époque actuelle, l’or bleu a remplacé l’or jaune, et la vision romancée du passé éclaire le cynisme d’une mondialisation dévastatrice de vies humaines et prédatrice de ressources naturelles.

bande annonce du film 

Crédits Photo -- naserita.wordpress.com
une photo des manifestations contre la privatisation de l'eau à Cochabamba

  pour en savoir plus:

 L’histoire d’une victoire exemplaire, mais partielle, contre la privatisation de l’eau

samedi 22 avril 2017

Les locataires et copropriétaires de Fleury et Saint-Michel ne doivent pas payer leur eau plus cher.

Les locataires ou copropriétaires de Fleury et Saint-Michel ne doivent pas payer leur eau plus cher.

Notre association a été questionnée au sujet de son abstention sur le prix de l'eau voté pour la nouvelle régie Eau coeur d'Essonne. Nous l'avons expliqué ensuite (cf notre article du 8 avril)
 
Mais il parait utile de revenir notre principal motif d'insatisfaction:

La délibération votée le 31  mars ne permet pas l'application immédiate aux ensembles d'habitat collectif d'un tarif identique  à celui de l'habitat individuel

A savoir, 1,22 € / m3 dans la limite de 120m3/an par logement, tarif valable pour les plus petits compteurs, ceux d'un diamètre de 1,5 cm.

Qu'est-ce qui bloque?

Rappelons que les fichiers d'abonnés qui ont été transmis par Suez à la nouvelle régie sont  tellement imprécis qu'ils ne permettent pas de connaître la nature des abonnés. Il est donc impossible, à partir de ces fichiers, de distinguer, parmi les gros compteurs, ceux qui alimentent des habitations, et d'autre partceux des commerces, des usines ou des établissements de service.
Rappelons qu'il est impossible d'appliquer un tarif différent pour l'eau potable livrée pour les besoins quotidiens des habitants, (alimentation, hygiène), au titre du droit à l'eau, d'un coté et de l'autre , pour l'eau vendue aux opérateurs économiques en tant que matière première, sans connaître la nature des abonnés et donc leur usage de l'eau.

Savoir "qui se cache" derrière les compteurs

Durant les discussions du groupe de travail de la Régie sur les tarifs,  il avait été prévu que le recensement des collectifs  serait effectué en ce début d'année 2017 grâce à la "double relève des compteurs" effectuée conjointement par les agents de Suez et ceux de la Régie pour les dernières factures de Suez ( abonnement et consommation de janvier à avril 2017). Cette double relève devait permettre d'identifier en temps voulu les abonnés à des gros compteurs correspondant aux ensembles collectifs de logements , de façon à leur appliquer dès la première facture le même tarif qu'aux abonnés habitants dans des logements individuels.
Cette première facture , au tire du premier trimestre de la régie (mai à juillet 2017inclus) devait être établie début août pour un règlement en septembre.

Les failles de la délibération

Problème, la délibération votée le 31 mars 2017 par le conseil d'administration sur le prix de l'eau ne correspond pas à ce choix. Pourquoi?
* D'abord, tout bonnement parce que la décision d'appliquer le même tarif à l'habitant collectif et à l'habitat individuel ne figure pas dans la partie "décisionnelle "de la délibération;
Le tarif unique y est seulement mentionné comme un objectif, sans préciser de quelle façon cet tarif unique sera mis en oeuvre. La délibération mentionne bien la tarification progressive applicable suivant le volume d'eau consommée, mais aucunement la différenciation de tarif prévue entre logements et activités économiques.
Dans ces conditions, le vote d'une nouvelle délibération (et donc la réunion d'un nouveau Conseil d'administration) sera donc nécessaire rapidement pour pouvoir appliquer aux collectifs d'habitation le même tarif que l'habitat individuel; c'est loin d'être gagné avant la procahine trève estivale
* Ensuite, la délibération du 31 mars ne comporte pas d'engagement quant à l'échéance à laquelle l'objectif du tarif unique pour tous les types d'habitat doit être mis en oeuvre. L' application de ce tarif unique dès la première facture n'est plus mentionné. Plus regrettable, cette application n'est même pas certaine pour 2018. En effet, la délibération inclut une clause d'augmentation automatique annuelle du prix de l'eau, ce qui est contradictoire avec le nécessaire ajustement des tarifs en fin d'année 2017, pour appliquer le tarif égal pour tout type d'habitat l'année prochaine.
Résultat, au démarrage de la régie, les ensembles d'habitat collectif des communes dont le prix de l'eau actuel est inférieur au 1,63 euro prévu par la délibération pour les gros compteurs, vont payer plus qu'aujourd'hui . Contrairement à l'objectif affiché qu'aucun abonné ne voit sa facture augmentée avec la nouvelle régie .

Les habitants deFleury et Saint-Michel les plus menacés

Cette augmentation initiale toucherait essentiellement 2 communes qui comporte une proportion importante d'habitat collectif:
* Fleury-Merogis, dont le tarif appliqué au collectif passera de 1,22 à 1,63€ par M3, soit + 41 cts par M3 consommé ,
* Saint-Michel, dont le tarif passera de 1,44 à 1,63 € par M3 soit + 19cts au m3.
Pour les autres communes, le prix unique facturé jusqu'alors au m3 était égal ou supérieur au tarif le plus élevé prévu par la régie (1,63€). Donc même si le prix facturé sera plus élevé que pour les abonnés individuels, l'objectif d'aucune facture plus élévée qu'avec la DSP est respecté.

Comment en est-on arrivé-là ?

Dès le mois d'Octobre 2016, on savait que les fichiers d'abonnés de Suez ne permettaient pas l'identification des compteurs correspondant à de l'habitat collectif. Dès ce mois d'octobre, on savait que ce travail était nécessaire et que les Communes étaient en capacité de le mener à bien, grâce à leur connaissance des bailleurs sociaux et des copropriétés sur leur territoire. La représentante de la Morsang au C.A. de la régie (Marion Lenfant) avait indiqué que ce travail était d'ores et déjà bien avancé pour sa commune, invitant les autres élus à faire de même. Des propos qui n'ont guère suscité d'écho ni de motivations. C'est ce qui a conduit la Régie à renforcer l'équipe recrutéee pour la relève contradictoire des compteurs prévue avec Suez, pour recenser autant que possible qui se trouve derrière chaque compteur. Mais les données recueillies ainsi nécessitent encore un traitement important (combien de logements derrière les compteurs uniques des ensembles d'habitations?) , pour lesquels l'engagement des communes concernées est essentielles.

Pas de chance pour les habitants des 2 villes les plus concernées, les maires sensés défendre leurs intérêts se sont montrés jusqu'alors bien défaillants:

*Pour Fleury-Mérogis, M. David Derrouet, qui vient d'être contraint à démissionner de son mandat de vice-Président de la Communauté Coeur d'Essonne Agglomération pour absentéisme, a fait plus fort encore pour la régie publique: il n'a participé depuis sa création à aucune des réunions de son conseil d'administration ni de ses groupes de travail: M. Derrouet s'était forgé la réputation d'être personnellement peu amateur d'eau potable, le problème c'est que  ses administrés  font aujourd'hui  les frais de sa aquaphobie,

* Le Maire de Saint-Michel, M. Bernard Zunino, a quant à lui fréquenté les réunions de la Régie en pointillé, sans qu'on parvienne à comprendre exactement sa position et ses intentions pour les Saint-Michellois,et il était absent le jour du vote pour les tarifs.

Les habitants doivent se faire entendre d'urgence

En dehors de notre association, qui s'est efforcée par son blog et ses modestes moyens bénévoles de rendre compte depuis 6 mois des options en débats pour le prix de l'eau de la régie, nous déplorons que les services publics de communication des communes et de l'Agglomération en aient tenus les habitants à l'écart.
Pour que le tarif de 1,22€ /m3 soit appliqué dès cette année à tous les habitants, il est essentiel que ceux-ci se fassent entendre et que leurs élus jouent pleinement et rapidement leur rôle pour finaliser dans les 3 mois qui viennent le recensement de tous les compteurs correspondants à des habitations. C'est possible, à condition d'en avoir la volonté.
Pour ce qui nous concerne, nous insisterons sans relâche pour le vote au plus tôt d'une délibération qui garantisse effectivement l'accès à ce tarif unique pour l'habitat collectif et pour suivre la réalisation complète de l'inventaire attendu des ensembles d'habitat collectif.
Cet épisode confirme en tout cas que l'implication citoyenne reste nécessaire pour que les objectifs fixés à la Régie Eau Coeur d'Essone rentrent bien dans la vie

évolution du prix de l'eau( part variable) applicable  aux habitants des collectifs sur la base de la délibération du 31 mars  

jeudi 13 avril 2017

Eau potable: Quand l'Essonne s'émancipe , les lobbys s'affolent (2)


Une contre-offensive rondement menée

Aussitôt l'opération de Suez découverte, notre association Aggl'eau publique Val d'Orge , adressait une lettre ouverte aux 2 Vice-Présidents chargés de l'eau au sein des nouvelles agglomérations de Grand Paris sud (GPS) et de Coeur d'Essonne Agglomération (CDEA):
* M. Philippe Rio, également Maire de Grigny, une commune rattachée d'office à GPS, suite au charcutage préfectorale de la carte intercommunale Essonnienne. Rappelons que Grigny avait été un partenaire actif de la création en 2011de la Régie eaux des Lacs de l'Essonne, même si la commune n'avait pu en bénéficier dans l'immédiat (sa DSP avec Suez ne se termine qu'en 2018)
* M. Sylvain Tanguy , également Maire du Plessis-Pâté et président de la nouvelle régie publique Eau Coeur d'Essonne.

 Une lettre ouverte pour sonner l'alarme

Notre lettre ouverte du 15 mars  (cliquez sur la lettre pour l'agrandir)

La réaction de Sylvain Tanguy

Dès le lendemain,17 mars  un premier mail de  réaction de M. Sylvain Tanguy nous rassurait par sa clairvoyance à l'égard de l'opération de Suez:

"Bonjour à tous 

Merci pour cette communication.

J'ai déjà signifié à Suez mon refus de leur système d'adoucissement de l'eau pour plusieurs raisons:

- augmentation du prix de 0,15€ le m3

- leur calcul d'économie sur la production d'eau chaude (chauffage et sanitaire) n'est pas vérifié 

- les nouveaux systèmes de production d'eau chaude sont déjà protégés contre le calcaire. 


C'est effectivement à mes yeux une manœuvre pour conforter leur position monopolistique qui va à l'encontre des intérêts des usagers. 



Bien cordialement 
Sylvain TANGUY"

 Celle de Philippe Rio

Quelques jours plus tard , c'est au tour de M. Philippe Rio de nous rassurer quant à la détermination de l'exécutif de GPS
Mesdames, Messieurs,

Il est logique que les citoyens se saisissent de la grande question de l’eau, c’est un bien commun. Cela ne peut pas être une marchandise.

A Grand Paris Sud il n'y a ni confusion, ni connivence. Un travail sérieux est engagé.

Dès le 23 novembre 2015, le Président Francis Chouat, dans un courrier adressé au président de la régie « Eau des Lacs de l'Essonne » a précisé sa position : «  La question de la production et de la distribution de l’eau potable et de sa maîtrise publique est un enjeu majeur pour nos territoires », constatant que « l’essentiel de la production d’eau potable est assurée par des opérateurs privés sans aucun contrôle de la puissance publique ». Il ajoutait à ce sujet : « je continuer à penser qu’il est essentiel que les acteurs publics du Sud Francilien s’accordent sur une stratégie de maîtrise publique de la production d’eau potable». Son message est clair.

En tant que Vice-Président au Cycle de l’eau de Grand Paris Sud, J’ai sollicité le 17 février par courrier Mesdames Hidalgo, Maire de Paris, et Blauel, Présidente de la régie de l’eau "Eau de Paris", au sujet des volumes, et des prix, disponibles auprès de leur régie et ce, en vue d'une fourniture en eau potable au bénéfice du territoire de Grand Paris Sud dans la perspective des contrats avec Suez arrivant à terme.

Avec le conseiller délégué au cycle de l’eau Jacky Bortoli, nous avons exposé, le 10 Mars lors d’un rendez-vous de travail, au Directeur général adjoint et à la Secrétaire générale de la régie Eau de Paris, les besoins et les attentes de Grand Paris Sud. 

Les Services de l’agglomération Grand Paris Sud, depuis le 1er Janvier 2017, date de la prise de compétence eau sur tout le territoire, procèdent au  rapprochement technique financier et juridique de chacun des contrats en cours, permettant de définir les éléments concrets  d'un contrat nouveau d’approvisionnement en Eau qui devrait se traduire par une baisse importante du prix d’achat et par une offre concurrente à celle de Suez /Lyonnaise. Cela  faciliterait également l’harmonisation des tarifs de l’eau et des services aux usagers.

Cette démarche est à rapprocher de la mise en garde à l’égard de la Lyonnaise, de Jacky Bortoli, délégué au cycle de l’eau de Grand Paris Sud, le 17 mars à propos de l’opération eau douce de la Lyonnaise dans le salon d'un d’hôtel Evryens. Cette même opération qui a été qualifiée par Mr Sylvain Tanguy VP au cycle de l’eau de Cœur d'Essonne de«  manœuvre visant à conforter une position monopolistique qui va à l’encontre des intérêts des usagers ».

Voilà autant d’éléments concrets qui témoignent d’une volonté de se défaire du monopole de la Lyonnaise que subissent les élus et les usagers et d’y substituer un service tant de distribution que de la production d’eau publique"

Philippe RIO
 

Plus important encore, le communiqué de presse  publié en commun par les vices-Présidents de 2 agglomérations, réunissant au total plus de 500 000 habitants et qui déclarent que "nos agglomérations, après la création de leurs régies publiques ont vocation a retrouvé la maîtrise publique de la production d'eau. (cliquer sur le communiqué pour l'agrandir)

Un communiqué commun historique 

Il faut apprécier l'importance de ce communiqué commun
* Entre les élus  de  2 communautés d'agglomération voisines mais dont les relations ont été sérieusement tendues dans les dernières années, du fait des désaccords de leurs présidents face au schéma préfectoral de regroupement forcé des intercommunalités en Essonne.
*  Face à une multinationale qui a, durant des décennies , "diviser pour règner" les communes par  un lobbying individualisé intensif, faisant croire à chaque élu qu'il serait mieux servi que le voisin. cette déclaration commune est à marquer d'une pierre blanche: elle témoigne d'une volonté de ne plus se laisser piéger et de se travailler ensemble à des solutions affranchies de la quête du profit pour garantir l'accès à l'eau et sa protection.

L'aqueduc de la Vanne traversant "la frontière" entre GPS et CDEA à la limite du bois de Saint-Europe, symbole du courant  d'intérêts communs de nos agglos pour une eau 100% "démarchandisée"





Eau potable: quand l'Essonne s'émancipe, les lobbys s'affolent (1)


En Essonne, nous ne sommes jamais au bout de nos surprises,  quand le lobby de l'eau s'agite pour préserver son emprise sur les collectivités locales.

Et une station toute neuve mise au rebut!

Rappelons-nous, l'an dernier, le zèle mis par MM. Vilain et Sauerbach, respectivement  maire de Viry et président de feu la CALE (Agglo des lacs de l'Essonne ), pour fermer la station flambant neuve de connexion sur l'Aqueduc d'Eau de Paris, pour se réalimenter au prix fort auprès de la Lyonnaise,

Et un contrat signé à l'arrache pour priver les électeurs et les élus de tout pouvoir de décision!

Rappelons nous l'abracadabrantesque délibération mise au vote par Robin Reda, président de feu la CALPE (Agglo des portes de l'Essonne), lors de son dernier conseil communautaire avant son absorption par l'EPT 12 du Grand Paris, pour prolonger par anticipation de 20 années supplémentaires,  le contrat de vente d'eau en gros de Suez aux communes de Savigny/Orge et Paray.
Pas étonnant, diront les  blasés , s'agissant d'élus dont la complaisance à l'égard des lobbyistes des multinationales est une profession de foi.

Et ...un partenariat Public-Privé improbable, à l'insu de notre plein gré,

Mais la connivence refait aussi surface en des lieux où on ne l'attendait moins.
Ce fut le cas début mars, avec cette co-invitation  de GPS  (Grand Paris Sud) et de Suez (reproduite ci-dessous), pour promouvoir la dernière combine de Suez: à savoir, la décarbonation (adoucissement) de l'eau de ses usines de repotabilisation d'eau de Seine. Une opération cousue de fil blanc  pour en augmenter le prix et, surtout, pour verrouiller la  prolongation pour au moins 15 ans  des contrats des collectivités et opérateurs publics essonniens avec elle  pour leur approvisionnement en eau.

De : Bonin, Camille [mailto:camille.bonin@suez.com]
Objet : INVITATION – 17 mars - Petit déjeuner autour des enjeux du calcaire dans l’eau potable
Bonjour,

Les services de Grand Paris Sud
et les équipes de Suez, Eau de Sénart et Société des Eaux de l’Essonne, ont le plaisir de vous convier à une matinale technique d’information sur les impacts du calcaire présent dans l’eau et les solutions de traitement collectives envisageables.


Comptant sur votre présence pour cette première !

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Une invitation accompagné d'un clip de propagande sur You tube,  https://www.youtube.com/watch?v=qCKI3U75K68 qui, sur le registre de
 "l'ingéniosité et  la pureté des intentions de Suez racontées aux petits enfants",  est un morceau d'anthologie.

De Grand Paris Sud,  Communauté d'Agglomération, gestionnaire à ce jour de la plus importante régie publique d'eau potable (sur l'ex-territoire d’Évry Centre Essonne) du Sud Francilien, on était en droit d'attendre un peu plus de d'esprit critique et de lucidité envers cette opération.

L'Essonne, enjeu majeur de la guerre de l'eau?

Pour en prendre la mesure, il faut garder à l'esprit le contexte Essonnien de cette opération de promotion précipitée Suez et ses usines  au préjudice des intérêts des collectivités et des habitants,
Ce contexte, c'est l'échéance prochaine des contrats de DSP de l'eau  Communauté Paris-Saclay (dépendante à 80% de Suez pour sa production et son alimentation en eau potable, le reste au SEDIF).

Le contexte, c'est la réactivation des études avec la Régie d' Eau de Paris, pour que les communautés d'agglo du 91 et du 94  (GPS, Coeur d'Essonne Agglomération,et l' EPT 12,) traversées ou voisines des aqueducs de la Vanne et du Loing de la Régie d'Eau de Paris, puissent bénéficier au passage de leur eau de source au meilleur prix, sachant qu'ils sont    aujourd'hui en très nette surcapacité vis à vis des besoins des parisien.
Le contexte, c'est que nous sommes à quelques semaines du démarrage de la Régie publique d'Eau Cœur d'Essonne ( qui desservira à compter de mai prochain les 133 000 habitants du Val d'Orge) après 90 ans de DSP ( à 97% du total avec Suez),  et alors que vient de démarrrer  la Régie de Briis,  jusqu'alors également  en DSP avec la Lyonnaise.
Autrement dit, le contexte permet enfin  les opérateurs publics construisent le  rapport de force, permettant de s'affranchir de l'abus de position dominante de Suez sur la production d'eau en Essonne : une nouvelle donne, permettant des solutions alternatives plus écologiques et moins coûteuses d'approvisionnement en eau, en réduisant drastiquement la clientèle captive de Suez. Un contexte qui contraindra enfin suez  à vendre l'eau en sortie d'usine au prix réel (aujourd'hui, elle est vendue 70% plus cher que selon le barème moyen de l'agence de l'eau Seine Normandie). Un contexte, dans lequel, nous pourrons même revendiquer la réappropriation par les collectivités de ces usines amorties et déjà payées à travers les factures des usagers.
 

Pollueur? Même pas honte!

Et puis, quand même, comment oser promouvoir Suez en matière de qualité de l'Eau en Essonne, alors que les derniers rapports, montrent qu'ils n'ont même pas été capables depuis 10 ans que ça dure de traiter la pollution au sélénium au-delà des normes légales, de leurs captages en sud Essonne ( captages d'eau souterraine opérés dans les communes de Courdimanche -sur-Essonne et Gironville sur Essonne qui desservent ces 2 communes et celles de Boutigny, Vayre, Prunay, Buno-Bonnevaux)?



Le déni de démocratie dépasse l'affliction

Le p'tit déj offert le 17 mars à l'hôtel Ibis d'Evry a été l'occasion d'une nouvelle surprise:
la découverte que les élus responsables de la compétence Eau au sein de Grand Paris Sud  à savoir Philippe Rio Vice-Président et Jacky Bortoli, conseiller délégué, avaient tout bonnement été  écartés de cette opération montée par Suez et ses affidés au sein de GPS ( un avis de recherche est lancé, comme toujours,  c'est pas moi ,c'est l'autre en pareil situation). Une confusion des rôle que n'a pas manqué de regretter  M. Jacky Bortoli, qui s'était déplacé pour rappeler aux uns et aux autres que les élus n'entendaient plus se laisser dépossèder de leurs prérogatives.
Une position difficile à intégrer par Suez qui continue, comme au bon vieux temps de sa domination sans partage, à traiter les collectivités comme sa chasse gardée le 17 mars, on commence en invitant les responsables des services techniques des communes. Peu importe que les communes n'aient plus la compétence eau potable;  il s'agit de tisser un réseau d'influence autour des élus pour leur vanter l'excellence de la proposition de Suez;
Une fois instauré ce climat d'écoute bienveillance, on passe à la phase 2 avec une invitation élargie aux élus le 24 avril cette fois-ci au Novotel d'Evry.


Est-il besoin le préciser? Alors que l'opération Eau douce se prétend comme une réponse à l'exigence pressante des usagers excédés du calcaire dans l'eau, ces usagers ne  seront invités ni à la première , ni à la seconde étape de cette campagne de mise en condition.

Le temps béni des boniments sans démenti est révolu   

C'est bien connu , les prédateurs, c'est comme les vampires, ça ne supporte pas la lumière du jour.Il  a suffit d'une information pourtant modeste sur cette opération Eau douce, pour susciter une réaction des élus et des usagers  qu'elle cible. La confiance et la détermination ont changé de camp. Les contre-véritées et omissions de la campagne de suez sont mis en exergue. Et la mise en évidence de l'appétit intact  du lobby de l'eau constitue un encouragement salutaire au partenariat entre opérateurs publics au service de l'eau bien commun,

La suite dans notre prochain article







samedi 8 avril 2017

La régie adopte sa première tarification

Communiqué de l'association Aggl'eau publique Val d'Orge

31 mars 2017: 
 
le Conseil d'Administration (CA) 
de la régie Eau Coeur d'Essonne Agglomération
vote le tarif de l'eau potable 
facturée aux abonnés à compter du 1er mai 2017


Un mois à peine avant le passage en gestion publique de la distribution de l'eau potable, le CA de la régie a adopté vendredi dernier sa première grille tarifaire. Une grille qui sera appliquée de façon uniforme aux usagers des 10 communes de l'ex-agglomération du Val d'Orge dès le mois de Mai.

Il faut mesurer le progrès qu'apportera cette tarification par rapport à la situation que nous subissons au terme de 90 ans de gestion privée. 

 

1/ Le respect d'un tarif de l'eau identique dans les 10 communes, et aligné, pour la consommation des habitants sur le tarif le moins élevé appliqué aujourd'hui par les délégataires privés.

Cette règle parait simple. Mais, si on rappelle l’extrême diversité des tarifs facturés jusqu'alors dans les 10 communes pour l'abonnement (soit la "part fixe") et le m3 consommé, on en mesure la portée ; dans l'ex-Val d'Orge, sur la base d'une consommation moyenne de 120 mètres cubes par an, le montant payé par l'usager, pour l'eau potable uniquement (hors taxes et assainissement), varie de plus 50% et de 120€ par an, entre les tarif le plus bas, à Fleury-Mérogis ou au Plessis-Pâté (166 et 172 euros par an) et les plus élevés, ceux de Sainte Geneviève des bois, (270 €) et Leuville (287€ par an).
La volonté qu'aucun foyer ne paye plus cher avec la régie se traduit par un prix unique pour les 10 communes aligné sur le prix le plus bas, celui de Fleury-Mérogis, soit une facture annuelle pour l'eau potable de 165 euros par an pour 120M3 par an.

Nous souhaitions que cet objectif s'accompagne d'une réduction maximale de la part fixe, qui pénalise les usagers isolés qui consomment le moins(souvent des personnes âgées isolées). Dans un premier temps le CA a approuvé l'idée d'un abonnement limité à 1 euro par mois, soit 12 euros par an, baisse équilibrée par un tarif au m3 légèrement plus élevé (1,27€ au M3). 
Cette idée , nous a-t-on expliqué, a été repoussée par le président de l'agglomération, au motif qu'elle serait trop compliquée à comprendre par les usagers!....

Le tableau qui suit révèle que le tarif unique voté se traduira pas une baisse très importante de la facture d'eau potable pour les particuliers dotés de compteurs individuels, plus lourdement facturés par Suez et Veolia aujourd'hui:
* Pour Leuville, la baisse serait de 42,4% (pour une consommation annuelle de 120m3 par an (estimation pour un foyer de 4 personnes) et de 59% pour une consommation de 30 m3,
 
* Pour Sainte Geneviève des Bois, dont les usagers consomment 25% du volume d'eau distribué et payent 29% des recettes totales encaissées par les délégataires pour les 10 communes , le tarif voté signifie une baisse de 38,8% de la part eau potable de la facture annuelle pour 120m3 et de 41% pour 30M3 ! soit environ 1,4 millions d'euros d'économie à l'échelle de la commune!


2/ Le vote d'une tarification progressive..... 
 
Après des discussions animées sur ce point, le CA s'est accordé sur l'idée d'une tarification progressive que nous défendons depuis le début . 3 tranches tarifaires sont prévues: moins de 200m3 par an, de 200 à 1000m3, et plus de 1000 m3, avec un écart de 33% entre le prix de la première tranche (1,22€ le mètre cube) et celui de la 3ème (1,63€).
Cette tarification progressive est un élément dissuasif, pour les particuliers, à l'égard des plus gros consommateurs (cf l'exemple de propriétaires de piscines ou des fans de gazons verdoyants en toute saison), qui seront incités à renforcer les solutions alternatives (telles que la récupération d'eau de pluie) et à réduire le gaspillage d'eau potable.
C'est aussi un moyen de différencier le tarif selon l'usage de l'eau, avec un tarif plus bas pour le droit à l'accès à l'eau potable pour la réponse aux besoins vitaux (alimentation hygiène), que pour l'eau vendue aux opérateurs économiques (l'eau matière première). En effet, le plus souvent, la première tranche correspond aux usages domestiques et les tranches supérieures aux activités économiques..... à condition de pourvoir différencier, dans la catégorie des plus gros consommateurs, les collectifs d'habitation et les activités économiques.

3/ Reste à concrétiser l'objectif d'une facturation, pour les usagers de l'habitat collectif, égale à celle qui s'appliquera pour l'habitat individuel

Le montant de la facture d'eau des ensembles d'habitations (bailleurs et copropriétés), qui restent souvent dotés d'un compteur collectif n'est pas définitivement réglée. Rappelons-le: les fichiers d'abonnés transmis par Suez et Veolia ne permettent pas de repérer les ensembles d'habitats (HLM, copros) au sein des plus gros consommateurs. Il faudra pour cela exploiter le recensement réalisé à l'occasion de la relève conjointe des compteurs effectuée par les agents des délégataires et ceux de la nouvelle régie.

A défaut de ce recensement, l'habitat collectif se verra facturé l'eau au coût de la tranche supérieure (plus de 1000m3/an), soit pour la part variable, un prix plus élevé qu'en habitat individuel, soit 1,63€ le mètre cube. Si ce tarif est inférieur au tarif facturé à l'habitat collectif dans la plupart des communes, ça ne sera pas le cas pour Fleury (1,22€) et Saint-Michel (1,44€).

Au cours des mois précédents, le CA de la régie avait retenu l'objectif d'un alignement du tarif des collectifs sur l'habitat individuel dès la première facture. Le 31 mars, le directeur de la régie ne l'a pas confirmé, au motif d'un délai insuffisant pour mettre à jour les fichiers d'abonnés.
Il faut dire que, malgré l'invitation de la Ville de Morsang qui s'est attelée dès la fin 2016 au recensement des habitats collectifs, les autres communes semblent n'avoir rien commencé. 

 
4) Notre abstention est synonyme de vigilance et de volonté d'aller jusqu'au bout d'une tarification sociale.

Tout en nous félicitant des progrès importants d'ores et déjà acquis pour réduire la facture Du fait de l'absence d'engagement quant à ce qui reste à accomplir: 
 
* Nous regrettons le refus d'inscrire, dans la délibération votée, la volonté d'un même tarif pour l'habitat collectif et l'habitat individuel Nous avons proposé, en vain, de préciser que le tarif appliqué aux collectifs soit celui de la consommation moyenne par logement (consommation totale divisée par le nombre de logements), et que cette règle s'applique dès que seront identifiés les gros compteurs correspondant à l'habitat collectif
 
En l'absence de ces précisions, la délibération votée ne permet pas d'appliquer aux collectifs le tarif valable pour l'habitat individuel. Il faudra voter  une nouvelle délibération pour cet alignement des tarifs: cela parait impossible avant la première facture qui sera calculée en août et envoyée en septembre (pour le trimestre de mai à juillet 2017).
cliquer sur le tableau ci-dessous pour l'agrandir





* Nous regrettons également que la délibération envisage une réactualisation annuelle des tarifs de l'eau fondée sur une formule incompréhensible, alors que la discussion annuelle des tarifs nous parait un acte démocratique majeur pour garantir une gestion au plus près des besoins des usagers. La bataille qui reste à mener pour un approvisionnement de la Régie en eau qui échappe au monopole de Suez en Essonne , doit ainsi permettre, dans les prochaines années, de poursuivre la réduction engagée du prix de l'eau.





En conclusion : Ces quelques regrets ne doivent cependant pas gâcher la satisfaction du progrès immédiat apporté par la régie . En 2015, le dépliant de l'Agglo du Val d'Orge accompagnant la consultation des habitants sur le futur mode de gestion de l'eau expliquait que "Les études menées au sein du Val d’Orge semblent démontrer que le mode de gestion n’aura pas de grande influence sur le prix de l’eau". 2 ans plus tard, le tarif voté se traduira par une économie totale annuelle pour les usagers de plus de 4 millions d'euros . Ça valait le coup de ne pas lâcher l'affaire, non? 

Documents présentés au conseil d'administration:
convocation et ordre du jour du C.A.
délibération sur le prix de l'eau
présentation de la délibération sur le prix de l'eau






























mardi 28 février 2017

discussion sur la tarification de la Régie : un pas en avant, 2 pas en arrière?


Nous avons été conviés à la réunion d'un groupe de travail du conseil d'administration (CA) de la Régie Eau Coeur d'Essonne" le mardi 21 février en mairie du Plessis Pâté. 
L’ordre du jour annoncé était

-          La tarification,

-          L’avancement de la Régie,

-          La communication,

-          Les questions diverses. 

Indisponibles tous les 2 cette semaine-là nos représentants au CA de la régie s'étaitent excusés de ne pouvoir s'y rendre tout  en rappelant préalablement nos dernières propositions transmises en la matière (cf notre article du 10 janvier sur Prix de l'eau)

Résultat: il se confirme que notre vigilance et notre implication ne doivent connaître aucun répit, pour que les avancées réalisées lors des premières réunions ne soient pas remises en cause. En effet, cette réunion a remis en débat des acquis positifs qui avaient fait pourtant consensus tels que la réduction du prix de l'abonnement au prix d'un euro par mois (12 euros par an). 
En matière de "communication" cette réunion a par ailleurs donné lieu à la présentation par la responsable de la communication de l'Agglomération coeur d'Essonne d'un plan déjà bouclé et prévoyant certaines mesures abracadabrantesques telles qu'un premier envoi aux abonnés de la nouvelle régie fait sous une enveloppe réunissant côte à cote les logos de Suez et de la nouvelle régie, pour "rassurer " les usagers quant à la continuité du service !!!

Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Ces derniers rebondissements ont motivé l'envoi par notre représentant au CA du courrier suivant pour réaffirmer nos attentes

A l'attention de M. Gilles Pujol,  Directeur d'Eau Coeur d'Essonne


Monsieur le Directeur,

Etant absent la semaine dernière, j'ai pris connaissance à mon retour d'éléments oraux de compte-rendu de la réunion "du groupe de travail" convoquée mardi dernier.
Sous réserve de votre confirmation, plusieurs de ces éléments sont de nature à susciter l'incompréhension et l'inquiétude de notre association:

Tarification:

 La  méthode constructive de travail et de concertation,  suivie lors des précédentes réunions, nous avait permis d'aborder successivement les différentes composantes de notre future tarification, de telle manière  que la solution trouvée sur une question constitue un point d'appui et de confiance pour aborder les suivantes:

1°) Nous avions retenu  l 'objectif  d'une tarification permettant qu'aucun habitant ne paye , à consommation égale, plus cher avec la régie que dans le cadre de la DSP, tout en visant un tarif minimal au mètre cube garantissant un niveau suffisant de recettes pour une politique dynamique de travaux de réparation curative et de maintenance préventive.
Cet objectif pouvait être atteint en combinant une  réduction significative du coût de l'abonnement, ramené à 12 euros par an et un tarif unitaire légèrement supérieur au tarif au m3 aujourd'hui le plus bas pour la première tranche tarifaire.
Sous réserve de votre confirmation, il apparait que la réunion de la semaine dernière a  été l'occasion d'une remise en cause du travail et des avancées accomplies collectivement sur cette question,  relançant sur ce points des discussions au préjudice du travail restant à terminer pour différencier, au sein des gros abonnements,  le tarif des ensembles d'habitat collectif.
Nous vous confirmons  notre attachement et notre détermination à voir confirmer le tarif d'abonnement  retenu ensemble de 12 euros par an. Ce tarif présente le double avantage:
- de réduire la distorsion tarifaire induite par une part fixe  élevée qui conduit à faire payer au total plus cher l'eau consommée  à l'usager isolé ( souvent une personne âgée aux ressources modestes) qu'à un foyer de 4 personnes; réduction   qui constitue dès lors  une heureuse mesure  de justice sociale,
- d'inciter les consommateurs à se préoccuper au premier chef  du volume de leur consommation, ce qui est de nature à encourager les comportements vertueux s d'usage raisonné de la ressource,
* de permettre dès le premier mois de la régie, de mettre en avant , le progrès induit  à travers cette mesure claire d'abonnement ramené à un euro par mois

2°) Distinction du droit humain d'accès à l'eau de son usage économique
Nous avions acté l'opportunité et la légitimité d'une différenciation:
-  de la tarification de l'eau potable distribuée aux personnes, en application de la déclaration adoptée le 28 juillet 2010 par l'ONU reconnaissant l'accès à l'eau potable comme "un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme."
- et de la tarification de l'eau potable, achetée parmi d'autres intrants, par des opérateurs économiques pour des activités à but lucratif.
Nous avions vérifié que cette différenciation était admise par la jurisprudence et confortée par l'expérience des distributeurs d'eau ayant déjà fait ce choix.
Il apparait que la réunion du 21 février a été l'occasion d'une remise en cause de cette approche, avec l'argument que quelques rares entreprises pourraient voir leur facture alourdie et leurs résultats fragilisés par une tarification augmentée.
Nous nous inquiéterons  que quelques intérêts particuliers,  puissent prévaloir sur l'intérêt général d'une tarification cohérente; et cela d'autant plus qu'il n'y a aujourd'hui aucun exemple d'entreprise pour laquelle le coût de l'eau distribué pèserait sur la santé financière ou le choix d'implantation.
Si le facteur coût de l'eau était si prégnant, on aurait assisté ces dernières années à des déménagements en série  d'entreprises de Sainte-Geneviève vers le Plessis-Pâté ou Fleury qui leur offraient des tarifs (total des parts fixe et variable) très inférieurs. La collectivité publique n'a pas vocation à satisfaire aveuglement  au moindre coût l'exploitation d'un bien commun approches  sont possibles . Il est vraisemblable  que certaines entreprises puissent se satisfaire d'eau " propre" pour des usages qui n'exigent pas d'eau "buvable". Il est certain qu'une approche plus responsable de l'usage de l'eau sera encouragée chez les entreprises par une tarification moins insignifiante et que cette approche  favorisera l'étude collective de solutions plus rationnelles, si notre régie jour son rôle d'initiatrice d'un projet pour l'eau à l'échelle de notre territoire (exemple, l'étude des captages et réseaux de proximité d'eau grises dans des zones d'activités réunissant certains gros consommateurs). S'agissant du cas extrème du centre pénitentiaire, il y a de toute évidence intérêt pour les pouvoirs publics à réexaminer une consommation totalement disproportionnée au vu des règles d'hygiène minimales imposées aux résidents de cet établissement

Comme pour  toute autre  ressource terrestre  limitée, les activités économiques qui  sont les plus prédatrices en eau potable, peuvent et doivent rendre des comptes et réinterroger leurs modes de fabrication.

L'approche de l'échéance de la reprise en direct de la gestion de notre eau potable, génère-t-elle  de l'anxiété et une crainte de l'obligation d'expliquer nos choix?
Nous estimons que ce stress ne doit pas nous faire perdre de vue les enjeux à long terme de la maitrise de l'accès à l'eau  et de ses exigences en tant que bien commun de l'humanité.
Faites confiance à la capacité et à l'envie  des usagers, si les informations leurs sont fournies, de se préoccuper à la fois du montant des factures et d'objectifs de gestion prenant en compte les besoins des générations futures.

Information et implication des usagers

Nous avons appris que le groupe de travail avait assisté à l'exposé d'une salariée de l'Agglomération présentant un plan de communication prévu pour le démarrage de la régie.
( document qui n'a été transmis aux administrateurs de la régie ni avant la réunion ni depuis cette dernière, ce qui ne facilite pas sa prise en compte pour nourrir notre réflexion et nos choix).
Il nous semble utile de souligner et dépasser les limites de cette approche
La réussite de la régie publique passe par la recherche déterminée d'une implication maximale des usagers, avec la volonté d'élargir et faire prospérer durablement l'intérêt manifesté  lors de la votation ayant permis sa création. C'est d'ailleurs ce que vise France Eau Publique dont notre agglo  est adhérente en prévoyant que les usagers soient pleinement partie prenante du service public de l'eau.
Il s'agit d'une oeuvre de longue haleine; une DSP presque centenaire, dépossédant les usagers de toute compréhension du service, de son coût,et  le discours stigmatisant de certains élus désignant les usagers comme des ignares, des jmenfoutistes ou des égoïstes, ont fait des dégâts. Ils ont nourri le découragement et le scepticisme à l'égard des invitations à s'impliquer.  Une gestion démocratique et inclusive de notre régie ne se construira pas sur des "campagnes de communication" unilatérales mais par la mise en oeuvre de canaux variés de participation et de débats.

Nous espérons que tous les membres du CA de la régie seront forces de proposition pour y contribuer.
Dans cet objectif, pour ce qui la concerne, Aggl'eau publique Val d'Orge:
* A déjà formulé  et confirme la proposition d'un évènement public festif  à fixer rapidement au cours du  week-end des 29-30 avril et 1er mai 2017 pour marquer la date historique de concrétisation du  succès historique de la réappropriation collective de la distribution de notre eau potable.
* Propose que la rédaction du règlement du service de l'eau soit largement ouverte aux bonnes volontés et que ses étapes et ses débats soient restitués en toute transparence permettant commentaires , questions et suggestions,
* Souhaite les moyens publics d'information de l'agglomération permettent à la population d'être informée et associée aux choix et débats de la régie sur la tarification avant que celle-ci ne soit définitivement entérinée; il  est dommageable et notoirement insuffisant que seul le blog bénévole de notre association rende actuellement compte de ces questions.
* Souhaite que le contenu du bulletin d'information qui doit accompagner les envois de facture donne lieu à concertation et consultation et facilite le dialogue entre les services et les consommateurs.


Question complémentaire sur le personnel:

un usager de Saint-Michel nous a fait part d'informations données par 2 salariés de Suez intervenus près de son domicile pour une réparation de fuite;
Selon ces salariés, la création de la régie se traduira par le licenciement des 14 salariés du site de Villemoisson. Ces informations sont en complète contradiction avec les dispositions prévues dans cette situation de reprise par la collectivité  d'un service en DSP:  reprise des contrats des salariés assurant aujourd'hui le service , sauf s'ils préfèrent démissionner et être ensuite réembauchés dans des conditions renégociées,  ou sauf s'ils interviennent principalement hors du secteur repris en régie et sont alors gardés par le délégataire, les personnels et leurs syndicats étant dans tous les cas associés à la négociation sur le transfert).
Suite à ces informations, nous souhaitons que toute la lumière soit rapidement apportée sur le devenir des salariés de Suez ( ou de ses multiples filiales éventuellement concernées SEE, Nantaise des eaux Eau et force, Eau du sud Parisien?) intervenant à temps complet ou incomplet sur les 10 communes reprises en régie.

Vous remerciant d'avance de votre retour


Affaire à suivre donc,  avec la plus grande attention


 


mardi 7 février 2017

Vote du premier budget de la Régie de l'eau de Cœur d'Essonne Agglomération : Une économie spectaculaire apportée par la gestion publique au bénéfice des habitants

communiqué de presse 

le 31 janvier 2017, le conseil d'administration de la nouvelle Régie publique d'eau potable de Cœur d'Essonne Agglomération s'est réuni avec à son ordre du jour le vote de son premier budget annuel. C'est en effet le 1er mai prochain que cette Régie publique prendra le relais des multinationales Suez et Veolia pour distribuer l'eau potable des 130.000 habitants et des entreprises des 10 communes de l'ex Agglo du Val d'Orge.

Les fichiers transmis par les multinationales ne permettent pas de différencier les habitants et les acteurs économiques


Le budget a été voté en fixant le montant total des recettes attendues de la vente d'eau et des abonnements des usagers, mais en repoussant de quelques mois l'adoption de l'échelle de tarifs. A ce jour, les fichiers des délégataires ne permettent pas d'identifier les ensembles d'habitats (HLM) de la catégorie des gros consommateurs industriels. Il n'est donc pas possible d'appliquer la même tarification à tous les particuliers. Il faudra pour cela attendre le recensement prévu en avril à l'occasion de la relève conjointe des compteurs prévue par les agents des délégataires et ceux de la nouvelle régie.

Un budget à la fois prudent, du fait du manque de données, et volontariste en matière de renouvellement des réseaux


Le conseil d'administration a adopté un budget prudent, fondé sur des prévisions de dépenses importantes pour tenir compte des graves lacunes qui entachent les informations fournies par les délégataires. Ces derniers seront restés dans la même lignée d'opacité de leur gestion depuis toutes ces décennies de mandataire jusqu'à la fin de leur contrat.
Exemples : l'incapacité (ou le refus) de Suez de fournir les données précises (pourtant obligatoires) sur l'état des réseaux ; c'est à dire leur "taux de rendement".
- le refus de faire la lumière sur le coût réel de l'alimentation de l'eau en gros qui restera dans un premier temps produite et vendue par Suez à notre régie, en l'absence de solution alternative d'approvisionnement....,
- l'incertitude sur le montant de masse salariale des salariés dont les contrats seront repris par la régie,
Cette approche de budget vise à écarter tout risque de réajustement ultérieur à la hausse les tarifs, du fait d'un calcul initial trop serré des charges prévisionnelles.

Sans attendre de connaître les points faibles de nos réseaux à la lumière de l'expérience, il est apparu opportun de prévoir au budget de la régie des crédits importants pour gros travaux ; à la fois pour améliorer le taux annuel de renouvellement préventif du réseau et des équipements, mais aussi pour faire face aux fuites sur canalisations et réseaux exigeant des réparations d'urgence.

Une économie immédiate apportée par la gestion publique supérieure à toutes les prévisions...


Malgré ce chiffrage large, le montant des dépenses réelles voté pour le premier budget de la régie, est inférieur de 25,6%  à celui des charges déclarées par les délégataires privés pour l'année 2015, soit 16,40 millions d'euros .

Rappelons que cette économie considérable, dès la première année, est obtenue uniquement sur la part "distribution" de l'eau potable, puisque la régie restera soumise au diktat de Suez, en position de monopole, et donc en mesure d'imposer son prix pour l'achat de l'eau en gros

....Qui confirme, rétroactivement, l'ampleur du racket opéré sur le dos des valdorgiens depuis des décennies.


Ce premier budget prévisionnel confirme, au-delà même de ce que nous suspections, le montant du racket opéré depuis toutes ces décennies sur le dos des valdorgiens:
* Alors que dans leurs comptes annuels les délégataires affichaient, en 2015, un bénéfice total sur les 10 communes de 875.000€, leur marge réelle était en fait de 4,2 millions d'euros, soit près de 5 fois plus !
* Sur la base de cette marge annuelle on voit que les valdorgiens ont eu à subir près de 85 millions d'euros de surfacturation pour les seules 20 dernières années d'exercice (en euros constants),

*Pour une famille de 4 personnes de Sainte-Geneviève-des-Bois, la commune (après Leuville) la plus lourdement facturée, c'est de l'ordre de 100 euros par an en moyenne, au-delà du coût réel du service, qui ont été ponctionnés depuis des décennies.


Un premier progrès qui en appelle d'autres


Lorsqu'on se reporte deux ans en arrière, quand a été décidée la consultation des habitants au sujet du mode de gestion de l'eau potable de l'Agglomération du Val d'Orge, les dirigeants de celle-ci, nous affirmaient, sur la base d'une étude fort coûteuse du cabinet privé SP2000 que "les études menées semblent démontrer que le mode de gestion n'aura pas grande influence sur le prix de l'eau " (sic). 
 
Notre association expliquait alors que la capacité des multinationales, lors des négociations de renouvellement de contrats, de baisser leurs tarifs de plus de 30 centimes au mètre cube démontrait une surfacturation supérieure à ce montant.

La réalité confirme aujourd'hui le bien-fondé de nos analyses et la légitimité de notre action pour la gestion publique. Ce remarquable progrès, en matière de coût du service, est pour nous un gage d'exigence et de confiance :
* pour adopter dans les prochains mois une tarification plus juste socialement et plus incitative à une consommation raisonnée de l'eau potable,
* pour que la réappropriation publique de notre eau potable ne s’arrête pas à la distribution mais s'étende demain à la production.

Sainte Geneviève des Bois le 2 février 2017